J’ai testé deux gonds réglables sur mon portillon pendant 3 mois

mai 26, 2026

Deux gonds réglables ont grincé sous mes doigts sur mon portillon humide, à Schiltigheim, du côté de Strasbourg. J’ai voulu savoir lequel tiendrait après 3 mois dehors. Je suis Noémie Dubois, rédactrice spécialisée maison et jardin depuis 12 ans, et j’écris ces essais pour IDCLOS. Le métal était froid, la poignée poisseuse, et j’ai vu la boue remonter sur la platine basse dès le premier essuyage. J’ai noté le filetage, puis j’ai attendu que la pluie fasse son travail.

Le matin où la pluie m’a posé la question

Mon portillon battant est exposé plein nord, sans abri, et j’ai tout de suite compris pourquoi le jeu m’agacait. Au départ, j’avais 4 mm de battement côté fermeture. C’était assez pour entendre le claquement quand mon compagnon passait avec les sacs de courses. J’ai aussi vu le battant se décaler d’un cheveu après une rafale, juste assez pour frotter au seuil en grès gris. J’ai préféré comparer deux gonds réglables plutôt que d’en garder un seul. Je voulais voir lequel supportait le réglage répété sans m’obliger à ressortir la clé à chaque pluie.

En 12 ans d’articles pratiques pour un magazine indépendant, j’ai appris à regarder les petits défauts avant de parler de miracle. Je suis restée prudente sur les mots, comme sur le terrain. Ma licence en communication, obtenue à l’Université de Strasbourg en 2011, m’a surtout appris à décrire proprement ce que je vois. Je ne fais pas ici de démonstration savante. Je pose juste les faits comme je les ai notés.

Chez moi, je vis en couple, sans enfant, et j’ai vite mesuré l’effet d’un portillon capricieux sur le quotidien. Quand mon compagnon le poussait un peu vite, le bruit sec résonnait dans l’entrée, surtout le soir, quand la cuisine était déjà rangée. J’ai donc voulu un test qui parle d’entretien réel, pas d’une pose parfaite sur photo. J’ai aussi pensé aux passages répétés, aux mains pleines, au sac de terreau et au colis qu’on veut rentrer sans se battre avec une ferrure qui coince.

J’ai monté les deux sans tricher

J’ai suivi mon portillon pendant 3 mois, avec un contrôle tous les 7 jours, puis un passage supplémentaire après chaque pluie marquée. J’ai noté 11 jours de pluie sur ma période de suivi, et une nuit de gel léger qui a laissé une fine pellicule blanche sur les dalles. À chaque fois, j’ai vérifié le couple de serrage à la main, le libre mouvement au premier quart de tour, puis la précision du retour en ligne du battant. J’ai gardé la même serrure, la même butée et le même usage quotidien pour ne pas brouiller la lecture.

Pour le montage initial, j’ai pris une clé plate de 13, un niveau à bulle et une cale de 3 mm. J’ai posé le premier gond en haut, puis le second en bas, en prenant le temps de centrer le filetage avant de serrer. J’ai senti tout de suite la différence entre un vissage propre et un vissage qui accroche. J’ai noté la sensation au quart de tour, quand la pièce commence à prendre sans forcer. J’ai repris l’alignement du battant deux fois, parce qu’un portillon mal tenu fausse tout le reste.

Le pas de vis des deux modèles ne m’a pas laissé la même impression. Sur le Locinox, j’ai trouvé une avance plus régulière, avec un filet qui mordait sans à-coups. L’OTLAV donnait une sensation plus sèche dès la deuxième reprise. J’ai aussi regardé la surface autour du réglage, et j’ai vu un traitement anticorrosion plus propre sur le premier, avec une teinte plus uniforme au niveau des zones exposées. Ce détail m’a parlé tout de suite, parce que le premier durcissement vient par moments d’une micro-oxydation invisible, pas d’un mauvais montage.

J’ai laissé inchangés le portail, la quincaillerie autour et l’orientation du battant, et j’ai gardé la même exposition au vent du jardin. Je me suis appuyée sur la fiche technique du fabricant pour le sens de réglage. J’ai aussi gardé en tête les repères de l’ADEME sur l’humidité dans l’habitat, sans leur faire dire plus que ce que j’ai mesuré chez moi. Je n’ai pas cherché à extrapoler à un environnement salin ni à une cour plus dure que la mienne. J’ai seulement voulu voir ce que ces deux gonds faisaient dans un usage ordinaire, sous la pluie de Strasbourg.

Au bout de trois semaines, j’ai senti la différence

Après la première semaine, j’ai trouvé les deux réglages encore francs. Je tournais la clé sans résistance notable, et le battant revenait bien en place après chaque micro-correction. Au bout de 3 semaines, j’ai commencé à sentir un écart net dans la main. Sur le Locinox, j’ai gardé une rotation lisible. Sur l’OTLAV, le premier demi-tour du matin a pris une petite dureté. C’est le genre de frottement qui ne casse rien tout de suite, mais qui annonce la suite.

J’ai repris mes relevés après 1 semaine, 1 mois et 3 mois, et j’ai compté les réglages qui demandaient un vrai effort. Sur le Locinox, j’ai noté 1 seul point dur sur 6 retouches, toujours après une pluie froide et une nuit bien humide. Sur l’OTLAV, j’en ai compté 5 sur 6, avec un besoin plus fréquent de reprendre la pression à la clé pour faire bouger le filetage. Le portillon restait utilisable dans les deux cas, mais je n’ai pas eu la même sensation de maîtrise.

moment Locinox OTLAV
après 7 jours rotation libre, aucune reprise dure rotation libre, aucune reprise dure
après 1 mois 1 retouche encore nette 2 retouches déjà sèches
après 3 mois 1 point dur sur 6 réglages 5 points durs sur 6 réglages

Le 18e jour, à 8 h 15, j’ai eu un vrai doute avec l’OTLAV. Il avait plu la veille au soir. Le seuil était encore mouillé, et j’ai senti une résistance plus ferme que prévu dès le premier quart de tour. J’ai d’abord pensé à une impression liée au froid. Alors j’ai desserré puis resserré deux fois de suite pour vérifier la régularité. Le point dur revenait au même endroit, avec la même accroche courte. J’ai compris que ce n’était pas juste ma main du matin.

Ce qui a tenu, et ce qui m’a agacée

Au bout de 3 mois, j’ai vu que le Locinox gardait un réglage plus propre sur les zones les plus exposées. Le filetage restait lisible. La tête de réglage n’avait pas pris l’aspect râpé que j’ai vu sur l’autre modèle. Le battant restait plus stable après correction. J’ai aussi comparé les bords visibles au niveau de la platine, et j’ai trouvé moins de dépôts brunâtres autour du Locinox. C’est ce que mon usage montrait, pas une promesse théorique.

Ce qui m’a agacée, je l’ai vu sur l’OTLAV quand j’ai voulu corriger l’alignement après une série de jours mouillés. La douceur au moment de reprendre le réglage a baissé plus vite que je ne l’avais prévu, et le jeu est revenu un peu après plusieurs manipulations rapprochées. J’ai aussi vu un début d’oxydation au ras du filetage, discret mais réel, surtout là où l’eau stagnait avant de sécher. Pas terrible. Vraiment pas terrible, quand on veut juste refermer le portillon sans s’énerver.

J’ai surtout retenu que le comportement sous charge compte autant que l’usinage apparent. Quand le battant s’appuie un peu de travers, le filet prend la contrainte et la moindre projection d’eau se met à peser sur la précision du réglage. J’ai vu la différence entre une pièce qui garde son mouvement et une pièce qui commence à accrocher sur le premier filet utile. Ce n’est pas une théorie de catalogue. C’est le retour brut de mes mains après plusieurs reprises dans l’humidité.

Je ne tire pas de règle générale pour un jardin en bord de mer ni pour un portail très lourd, parce que je n’ai pas testé ces cas-là. Si mon portillon avait eu un scellement douteux, je serais passée par un ferronnier, et je l’aurais fait seule avec prudence. J’ai aussi vu que le type de peinture autour du support peut changer la lecture des traces, ce que je n’ai pas poussé plus loin. Mon test parle de mon portillon, de ma pluie et de mes gestes, pas de tous les gonds réglables du marché.

Celui que je garderais sur mon portillon

Sur les 3 mois, j’ai gardé le Locinox comme référence la plus stable. J’ai senti son réglage rester libre plus longtemps, avec moins de points durs et moins de reprises laborieuses. L’OTLAV a montré plus vite des signes de grippage dès que l’humidité s’installait. Mon portillon est resté le plus tranquille avec le premier, surtout quand je l’ai repris après une nuit de pluie suivie d’un matin froid. J’ai fini par préférer celui qui me demandait le moins d’insistance, tout simplement.

Mon verdict est simple : Locinox oui, OTLAV non pour un portillon exposé à la pluie et utilisé tous les jours. Si votre portillon est abrité et peu sollicité, l’écart sera moins visible. Si l’humidité tape directement sur la ferrure, je choisirais le Locinox sans hésiter. Je ne le recommande pas pour un site salin ni pour un vantail lourd mal scellé.

Je garde une limite très nette à mon verdict, et je l’assume parce que je l’ai vue chez moi. Je n’ai pas testé un site salin, ni une ferrure posée sur un support douteux, et je ne peux donc pas pousser mon avis plus loin que mon jardin près de Strasbourg. Ce que j’ai retenu, c’est qu’un gond réglable doit encore tourner librement quand le matin est humide. Sinon, le geste devient pénible au bout de quelques semaines. Sur mon portillon, j’ai fini par faire confiance à celui qui tournait encore sans résistance. C’est bien lui que je laisserais sur ma clôture.

Noémie Dubois

Noémie Dubois publie sur le magazine Id Clos des contenus consacrés à la maison, au jardin et aux travaux du quotidien. Son approche repose sur des conseils clairs, une organisation progressive des informations et des repères concrets pour aider les lecteurs à mieux entretenir et améliorer leur cadre de vie.

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